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Sportifs professionnels : se former pour performer

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Au terme d’une saison sportive pendant laquelle ils sont sous contrat avec un club, les sportifs perdent leur emploi dans l’attente d’un nouvel employeur. Pourquoi ne pas utiliser cet inter-contrat pour renforcer leur employabilité ? C’est le pari qu’ont fait les syndicats de la branche du Sport et Uniformation.

Innover pour répondre à des problématiques d’emplois spécifiques

Les syndicats salariés de la branche sport, partenaires d’Uniformation, ont alerté l’OPCA sur une particularité du secteur : entraîneurs et sportifs professionnels, sont embauchés en CDD spécifiques, reconductibles, et peuvent se trouver sans contrat en fin de saison, « en étant prévenus très tardivement », constate Soisick Retailleau, responsable de la branche sport à Uniformation.

Pour lutter contre cette forme de précarité, l’idée est venue d’utiliser cette période d’inter-contrat pour les former et faciliter la poursuite de leur carrière sportive. MGS Reconversion, spécialiste de la reconversion et de la formation des sportifs professionnels ou de haut niveau, a été sollicité pour imaginer cette formation au métier de sportif. « La formation professionnelle est généralement proposée à des sportifs en emploi, explique Maud Mongellas, directrice de MGS Reconversion. Là, on innove en s’adressant à des joueurs en inter-contrat. »

Pour les syndicats salariés, il était évident qu’il fallait étendre les dispositifs de formation professionnelle à ces demandeurs d’emploi… temporaires. Pour Uniformation, cette expérimentation est l’expression de toute l’attention portée aux spécificités de ses branches professionnelles.

La formation, qui s’est tenue début septembre, s’adressait spécifiquement aux basketteurs professionnels, tous en situation d’inter-contrat. Le groupe devait toutefois être homogène pour une double raison : il s’agissait de les exposer médiatiquement pour montrer à leur communauté qu’ils étaient en recherche d’emploi, en les faisant affronter des équipes professionnelles au terme de leur semaine de formation.

Rebondir

Cette formation a donc fait une très large part à la préparation physique. « Quand on pratique un sport collectif et que l’on ne va pas à l’entraînement, comme c’est le cas dans les périodes d’inter-contrat, on perd vite ses repères », explique Maud Mongellas. D’autres ateliers étaient néanmoins proposés : gastronomie/santé (avec un chef spécialisé), réseaux sociaux (maîtrise, points de vigilance) et paris sportifs (les sportifs sont interdits de parier sur le sport qu’ils pratiquent). Un atelier formation/reconversion permettait en outre de les informer sur les dispositifs existants dans une perspective de reconversion… et d’activer leur compte personnel de formation.

Si les sportifs sont habitués à participer à ce genre de formation, ils restent souvent au stade amateur faute de moyens. « Le soutien de l’OPCA a tout changé et la formation a pris une orientation très professionnelle. » C’est d’ailleurs le mot qui revenait le plus à la bouche des sportifs formés : « professionnalisme ». « Cette formation a aussi permis aux sportifs de dédramatiser ; ils se sont aperçus qu’ils n’étaient pas seuls dans cette situation et qu’ils pouvaient bénéficier d’un soutien. »

Reste, selon elle, à développer la formation professionnelle dans le secteur, « parce qu’elle représente un réel atout pour les sportifs », assène Maud Mongellas. « L’Uniformation ne doit pas être vu que comme une caisse enregistreuse, mais bien comme un partenaire. Les employeurs doivent s’emparer de la formation professionnelle à l’instar des cyclistes, qui en ont compris tout l’intérêt. » « Nous serons très attentifs aux résultats de cette expérimentation, conclut Soisick Retailleau, ne serait-ce que pour faire valoir son intérêt auprès de Pôle Emploi et d’autres prescripteurs. » Sur les 13 sportifs formés, deux ont déjà retrouvé un club. Pari gagné. 

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