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Que deviennent les emplois aidés ?

Emplois aidés

200 000. C’est le nombre d’emplois aidés finalement annoncé par le Premier ministre pour 2018. Ces emplois seront dorénavant réservés au secteur non-marchand et ciblés sur certains secteurs.

Manque de concertation

519 000 en 2015, 459 000 en 2016, 320 000 en 2017, depuis plusieurs années, le nombre d’emplois aidés ne cesse de baisser. Il en sera de même en 2018 ; en plein cœur de l’été le gouvernement a en effet annoncé une nouvelle diminution de l’ordre de 30 %.

« Inefficaces », « trop chers », les contrats unique d’insertion (CUI)-contrat d’accompagnement dans l’emploi (-CAE) ou contrats initiative emploi (-CIE), ou encore les Emplois d’avenir, gréveraient le budget de l’État sans faire la preuve de leur utilité en termes d’emploi et d’insertion professionnelle, selon le Premier ministre et sa ministre du Travail. Si les acteurs du secteur non-marchand admettent que le dispositif pourrait être réformé pour gagner en efficacité, ils refusent néanmoins de le voir disparaître et s’alarment du manque de concertation du gouvernement qui n’a consulté ni les employeurs associatifs, ni même les collectivités locales avant de prendre sa décision.

Car leur amenuisement programmé risque de fragiliser des secteurs où ils sont particulièrement utilisés : le secteur social et médico-social, l’animation ou l’aide à domicile. Mais il risque également de contrarier le parcours d’insertion professionnelle des personnes, généralement éloignées de l’emploi, qui passent par ce dispositif pour réintégrer le marché du travail. Le secteur de l’insertion par l’activité économique est ainsi concerné. Ce que n’ont pas manqué de rappeler les associations de lutte contre la pauvreté invitées à rencontrer le Premier ministre et ses ministre du Travail et de la Solidarité le 21 septembre dernier.

Reciblage sur l’urgence sociale

Le gouvernement a apporté des précisions pour calmer les esprits : les 200 000 emplois aidés budgétés pour 2018 seront exclusivement réservés au secteur non marchand et, plus particulièrement, à l’« urgence sanitaire et sociale » (pour le secteur associatif), à l’accompagnement des enfants handicapés en milieu scolaire, à l’outre-mer et aux communes rurales (pour les collectivités territoriales). Les secteurs sportifs, culturels et du lien social risquent donc d’en être privés. Autres priorités annoncées, ils ne seront plus accordés que pour les jeunes en insertion ou les chômeurs de longue durée. Le gouvernement entend s’appuyer ici sur les chantiers et entreprises d’insertion.

Autre annonce, la formation des personnes sous contrats aidés, « trop souvent insuffisante » selon Edouard Philippe, devient une obligation ferme. Les fonds du Plan d’investissement dans les compétences pourront être mobilisés, notamment sur les formations qualifiantes et la formation aux compétences de base. En attendant, les aides de l’État ne représenteront plus que 50 % du coût de l’emploi contre 75 % actuellement...

Pour tenter de reprendre langue avec les employeurs associatifs, la ministre du Travail a confié à Jean-Marc Borello, président du Groupe SOS, une mission sur les emplois aidés. Le fondateur du Mouvement des entrepreneurs sociaux devrait rendre ses conclusions à la fin de l’année.

Uniformation suit ce sujet avec attention.

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